Comment tenir une liste de médicaments en plusieurs langues pour les urgences
nov., 25 2025
Pourquoi une liste de médicaments en plusieurs langues peut sauver une vie
Vous êtes en vacances à Barcelone. Vous vous sentez mal, vous avez mal à la poitrine. Vous essayez d’expliquer à l’infirmière que vous prenez du warfarine, 5 mg par jour, pour la fibrillation auriculaire. Mais elle ne comprend pas. Vous ne vous souvenez plus du nom exact en espagnol. Votre cœur bat vite. Vous avez peur. Ce scénario, il arrive des milliers de fois chaque année. Et souvent, il finit mal.
Les erreurs de médication pendant une urgence médicale à l’étranger sont la troisième cause de complications évitables dans les services d’urgence. Selon une étude de la Journal of the American Pharmacists Association, les patients qui ne peuvent pas communiquer leurs médicaments voient leur temps d’attente augmenter de 22 minutes en moyenne. Ce n’est pas juste un retard. C’est une menace pour la vie.
La solution est simple, mais peu utilisée : une liste de médicaments traduite dans les langues que vous pourriez rencontrer. Pas une traduction approximative. Pas un morceau de papier dans votre sac. Une liste claire, précise, et prête à être montrée.
Les éléments indispensables de votre liste
Une bonne liste ne contient pas juste les noms des médicaments. Elle doit dire quoi, combien, quand, et pourquoi. Voici ce qu’elle doit inclure :
- Nom du médicament : le nom générique (ex. : warfarine) et le nom commercial si vous le prenez (ex. : Coumadin)
- Dosage : 5 mg, 10 ml, 1 comprimé
- Fréquence : une fois par jour, deux fois par jour, tous les 12 heures
- Objectif : « pour la pression artérielle », « pour la thyroïde », « pour prévenir les caillots »
- Médecin prescripteur : nom et numéro de téléphone
- Date de début : quand avez-vous commencé ce traitement ?
Ne mettez pas seulement « vitamine D » ou « aspirine ». Les gens pensent que c’est « naturel » et sans risque. Mais l’aspirine peut interférer avec les anticoagulants. La vitamine D en forte dose peut affecter les reins. Soyez précis.
Les meilleures ressources gratuites et fiables
Vous n’avez pas besoin de tout créer vous-même. Des organisations sérieuses ont déjà fait le travail. Voici les sources les plus fiables :
- Association des pharmaciens du Tennessee (TPA) : leur Liste Universelle des Médicaments est disponible en 10 langues, dont le français, l’espagnol, l’arabe, le vietnamien et le russe. C’est un PDF imprimable, identique dans toutes les langues. Structure claire, pas de jargon.
- MedlinePlus : géré par la Bibliothèque nationale de médecine des États-Unis. Offre des informations sur les médicaments en plus de 40 langues. Vous pouvez chercher votre médicament et télécharger la fiche dans votre langue.
- NPS MedicineWise : une application gratuite pour iPhone et Android. Elle permet de saisir vos médicaments, de recevoir des rappels, et de les exporter en plusieurs langues. Elle fonctionne en anglais, arabe, chinois, vietnamien, espagnol, et plus encore.
- Société de la Croix-Rouge britannique : leur carnet de phrases d’urgence contient 150 expressions médicales traduites en 36 langues. Utile pour dire « J’ai mal à la poitrine » ou « Je prends un anticoagulant ». Pas une liste de médicaments, mais un complément précieux.
Évitez les traductions faites sur Google Translate ou DeepL pour vos médicaments. Les termes médicaux sont trop précis. « Warfarine » devient « warfarine » dans toutes les langues - mais « 5 mg par jour » peut être mal traduit en « 5 milligrammes tous les jours » ou « 5 gouttes ».
Comment choisir les bonnes langues pour votre liste
Vous ne devez pas traduire dans toutes les langues du monde. Choisissez celles qui correspondent à vos destinations et à votre origine.
Si vous voyagez souvent en Europe : français, espagnol, allemand, italien, anglais.
Si vous avez des origines africaines ou asiatiques : arabe, amharique, vietnamien, tagalog, ou votre langue maternelle.
Voici les 10 langues les plus parlées par les voyageurs non anglophones selon les données de 2024 :
- Espagnol
- Chinois (mandarin)
- Arabe
- Vietnamien
- Russe
- Portugais
- Tagalog
- Allemand
- Italien
- Polonais
Si vous allez dans un pays où l’une de ces langues est parlée, ajoutez-la à votre liste. Si vous êtes originaire d’un pays non anglophone, ajoutez votre langue maternelle. Même si vous parlez anglais, votre famille ou votre médecin peut avoir besoin de comprendre cette liste.
Format : papier ou numérique ?
Les deux ont leurs avantages.
Papier : pas de batterie, pas de connexion Internet. Imprimez deux exemplaires. Gardez un dans votre portefeuille, un dans votre valise. Utilisez du papier épais. Évitez les feuilles volantes. Mettez votre nom, votre date de naissance, et votre groupe sanguin en haut.
Numérique : l’application MedicineWise est la plus fiable. Elle sauvegarde vos données dans le cloud, vous permet de les partager par e-mail ou message, et vous rappelle quand prendre vos comprimés. Vous pouvez aussi utiliser un PDF sur votre téléphone. Mais assurez-vous qu’il est facile à ouvrir - pas caché dans un dossier nommé « Documents importants ».
Ne comptez pas sur une note dans votre téléphone. Si vous êtes inconscient, personne ne saura comment déverrouiller votre appareil. Une liste imprimée, glissée dans une pochette plastique, est plus sûre.
Les erreurs à éviter absolument
Voici ce que font les gens - et ce qui les met en danger :
- Ne pas mettre les suppléments : curcuma, ginseng, huile d’olive, vitamine C en forte dose. Ces produits peuvent interagir avec vos médicaments. Incluez-les.
- Ne pas mettre les doses récentes : si votre médecin a changé votre dose la semaine dernière, mettez la nouvelle. Ne gardez pas la vieille liste.
- Ne pas l’apporter à l’hôpital : 68 % des patients disent qu’ils l’ont « oubliée » ou « pensaient que les médecins le savaient ». Non. Personne ne le sait.
- Utiliser des abréviations : « BID » pour deux fois par jour ? Les infirmières ne connaissent pas toujours ce code. Écrivez « deux fois par jour ».
- Ne pas vérifier la traduction : demandez à un pharmacien ou à un traducteur professionnel de vérifier. Un mot mal traduit peut changer tout.
Comment l’utiliser en urgence
Quand vous arrivez aux urgences :
- Montrez la liste avant qu’on vous demande quoi que ce soit.
- Indiquez votre nom et votre date de naissance sur la liste.
- Si vous ne pouvez pas parler, tendez la liste à quelqu’un près de vous - votre conjoint, votre enfant, votre ami.
- Si vous êtes seul, dites simplement : « J’ai une liste de mes médicaments. En français, anglais, espagnol. »
Les professionnels de santé sont formés à utiliser ces listes. Ils savent qu’elles sont vitales. Mais ils ne peuvent pas les utiliser si vous ne les leur montrez pas.
Que faire si votre médicament n’est pas dans la liste traduite ?
Parfois, un médicament n’a pas de traduction officielle. Ce n’est pas grave.
Écrivez le nom générique en anglais, puis ajoutez entre parenthèses :
- « Warfarin (anticoagulant pour prévenir les caillots sanguins) »
- « Metformin (traitement pour le diabète de type 2) »
Vous pouvez aussi ajouter une note : « Ce médicament n’est pas disponible dans votre pays. C’est un traitement pour [maladie]. »
Les médecins connaissent les noms génériques. Ils savent reconnaître les indications. Votre explication simple les aide plus qu’un mot mal traduit.
À mettre à jour régulièrement - et à montrer à chaque rendez-vous
Une liste de médicaments n’est pas un document statique. Elle doit être vivante.
Chaque fois que votre médecin change un traitement - même si c’est juste une dose - mettez à jour la liste. Imprimez une nouvelle version. Supprimez l’ancienne.
Et n’oubliez pas : montrez-la à chaque fois que vous voyez un médecin, un pharmacien, ou un dentiste. Même si vous pensez qu’ils le savent. Parce que les dossiers ne sont pas toujours partagés. Parce que les erreurs arrivent.
Une étude de l’Agence pour la recherche et la qualité des soins de santé montre que 62 % des erreurs de médication en urgence viennent d’un manque d’information sur les traitements en cours. Votre liste est la meilleure barrière contre cela.
Un dernier conseil : parlez-en à votre famille
Ne laissez pas cette liste uniquement entre vos mains. Donnez une copie à votre conjoint, à un enfant, à un ami de confiance. En cas d’urgence, ils pourront la présenter à votre place.
Si vous voyagez seul, laissez une copie chez vous, dans un endroit connu - sur le réfrigérateur, dans un tiroir avec vos papiers importants. Et dites à quelqu’un : « Si je ne réponds pas, allez chercher la liste dans le tiroir bleu. »
La sécurité ne dépend pas seulement de ce que vous avez. Elle dépend de ce que les autres peuvent faire pour vous.
Xavier Haniquaut
novembre 25, 2025 AT 11:49Je garde ma liste dans mon portefeuille depuis deux ans. Une fois à Lisbonne, j’ai eu une crise d’asthme et j’ai montré ça à l’infirmière. Elle a dit « merci » en anglais. J’ai compris que je n’étais plus seul.
Geneviève Martin
novembre 27, 2025 AT 07:43Je trouve ça fascinant, vraiment. On passe notre vie à accumuler des choses : des photos, des souvenirs, des vêtements qu’on ne porte plus… mais on oublie l’essentiel : notre propre corps, ses besoins, ses secrets. Une liste de médicaments, ce n’est pas un document administratif, c’est une déclaration d’amour à soi-même. Une promesse : « Je ne veux pas mourir dans l’ignorance des autres. » Et pourtant, combien d’entre nous la mettent à jour après chaque rendez-vous ? Moi, je le fais. Parce que la vie n’est pas une erreur qu’on peut annuler.
Flore Borgias
novembre 27, 2025 AT 21:31Je viens de créer ma liste avec MedicineWise et j’ai ajouté mon curcuma et mon huile d’olive parce que j’ai lu ça. J’ai aussi mis mon groupe sanguin et le numéro de mon médecin. J’ai imprimé deux copies, une dans mon sac à main, une dans ma valise. J’ai mis un petit sticker rouge dessus pour qu’on la voie tout de suite. Et j’ai envoyé une copie à ma sœur. Je vous jure, j’ai pleuré en l’imprimant. C’est la première fois que je me sens vraiment en sécurité quand je voyage. Merci pour ce post, c’est une révolution silencieuse.
Christine Schuster
novembre 29, 2025 AT 03:36Je suis infirmière depuis 25 ans et je peux vous dire que chaque fois qu’un patient sort une liste comme celle-là, tout change. On respire. On sait qu’on peut agir vite. On ne perd pas 20 minutes à deviner. On ne risque pas de donner un médicament qui va tuer. J’ai vu des gens arriver avec des feuilles volantes, des notes sur téléphone, des listes en chinois avec des emojis. Ce post, il est une bénédiction. Partagez-le à tout le monde. À vos parents. À vos amis. À vos collègues. C’est pas juste une bonne idée, c’est un acte de solidarité.
Valery Galitsyn
novembre 30, 2025 AT 23:26Vous croyez que c’est une solution ? C’est juste une comédie humanitaire. Les hôpitaux ne lisent pas les listes. Ils lisent les dossiers. Et les dossiers sont toujours en retard, incomplets, ou dans une autre langue. Vous pensez qu’une feuille imprimée va sauver quelqu’un ? Vous êtes naïf. La vraie solution, c’est un système médical centralisé, connecté, et interopérable. Pas un morceau de papier dans votre poche. Ce genre de conseils, ça rassure les gens, mais ça ne change rien. La bureaucratie tue plus que les erreurs de médication.
Olivier Rault
décembre 2, 2025 AT 16:08Je viens de partager ça avec ma mère. Elle a 78 ans et prend 12 médicaments. Elle a toujours dit que « les médecins savent ». J’ai imprimé sa liste, j’ai mis ses noms en anglais, espagnol et allemand. On l’a mise dans un petit étui en plastique, comme vous dites. Elle m’a dit : « Je ne veux pas te laisser avec ça si je m’effondre. » J’ai compris que c’était plus qu’un document. C’était un cadeau.
Pascal Danner
décembre 4, 2025 AT 10:09Je viens de faire ça… et j’ai ajouté une note en bas : « Si je suis inconscient, ne me donnez pas d’aspirine. Je prends du warfarine. » J’ai aussi mis le numéro de mon pharmacien. J’ai mis un petit cœur sur la page. Je sais, c’est idiot, mais… je veux qu’on sache que je suis une personne, pas un cas. J’ai peur de mourir dans un hôpital étranger, sans qu’on comprenne que je n’ai pas envie de mourir. Merci pour ce post. Ça m’a donné du courage.
Rochelle Savoie
décembre 5, 2025 AT 09:18Je trouve ça grotesque. Vous encouragez les gens à se transformer en fiches médicales ambulantes. C’est une déshumanisation. On ne devrait pas avoir à porter sa vie dans un portefeuille. Et puis, qui vérifie la qualité des traductions ? Qui garantit que « warfarine » n’est pas écrit « warfarine » en arabe avec une faute d’orthographe ? Vous créez une fausse sécurité. La vraie sécurité, c’est un système de santé universel, pas un PDF imprimé par un touriste paniqué.