Pharmacies de préparation : des solutions quand les médicaments sont en rupture
déc., 4 2025
Lorsqu’un médicament prescrit par votre médecin n’est tout simplement pas disponible en pharmacie, la situation peut être stressante. Vous avez un traitement essentiel, une ordonnance en main, mais le stock est épuisé. Les ruptures de stock sont de plus en plus fréquentes : aux États-Unis, on en dénombre entre 300 et 400 chaque année. En France aussi, les pénuries touchent des molécules clés - des antibiotiques, des hormones, des traitements contre l’épilepsie ou encore des médicaments pour enfants. Dans ces cas-là, une solution existe, souvent méconnue : la pharmacie de préparation.
Qu’est-ce qu’une pharmacie de préparation ?
Ce n’est pas une pharmacie ordinaire. Une pharmacie de préparation, aussi appelée pharmacie composée, fabrique des médicaments sur mesure. Elle ne se contente pas de distribuer des pilules déjà emballées. Elle assemble, mélange ou modifie des ingrédients actifs pour créer une version personnalisée d’un traitement. Pourquoi ? Parce que certains patients ne peuvent pas prendre les médicaments industriels : allergies, difficultés à avaler, besoins de doses très précises, ou simplement parce que le produit n’existe plus sur le marché.
Par exemple, un enfant qui ne supporte pas les colorants dans un sirop contre la fièvre peut recevoir une version sans additifs. Un adulte souffrant de troubles de la déglutition peut obtenir un gel transdermique au lieu d’une gélule. Une personne allergique au lactose peut avoir un comprimé sans ce composant. Ces ajustements ne sont pas des options de luxe - ce sont des nécessités médicales.
Quand une pharmacie de préparation est-elle indispensable ?
Les situations où elle devient la seule solution sont nombreuses. Voici les cas les plus courants :
- Une rupture de stock d’un médicament essentiel, comme la thyroxine ou certains antibiotiques
- Des allergies aux excipients : colorants, gluten, lactose, parabènes - présents dans 15 à 20 % des médicaments industriels
- Des besoins de dosage très précis : 5 mg, 12,5 mg, ou même 0,2 mg - des doses que les laboratoires ne produisent pas
- Des difficultés de déglutition chez les personnes âgées ou les enfants - 30 % des seniors et 40 % des enfants ne parviennent pas à avaler une gélule
- Des traitements qui n’existent plus en version orale, mais dont une forme topique ou liquide est plus adaptée
En 2023, une étude de la NCBI a montré que 85 % des patients ayant reçu un médicament composé en raison d’une allergie aux excipients avaient vu leur adhérence au traitement augmenter de manière significative. Autrement dit : ils prenaient bien leur médicament, parce qu’il leur était tolérable.
Comment ça marche ?
Le processus est simple, mais exigeant. Il commence par un médecin qui identifie un besoin non couvert par les médicaments standards. Il écrit alors une ordonnance spécifique, en précisant la forme, la dose, les excipients à éviter, et parfois même la saveur souhaitée (pour les enfants).
Le pharmacien spécialisé reçoit l’ordonnance, vérifie la faisabilité technique, et utilise des ingrédients purs, de haute qualité, pour préparer le médicament. Il travaille dans un laboratoire contrôlé, selon les normes USP <795> (pour les préparations non stériles) et <797> (pour les préparations stériles). Certaines préparations, comme les injections ou les perfusions, nécessitent des salles propres, des équipements spéciaux, et des contrôles de stérilité rigoureux.
Le délai de préparation varie de 24 à 72 heures. Ce n’est pas immédiat, mais c’est souvent la seule option disponible. Les pharmacies de préparation ne peuvent pas remplacer un médicament si une version approuvée existe et convient - c’est une règle stricte. Mais quand il n’y a pas d’alternative, elles deviennent vitales.
Quels types de médicaments sont les plus souvent composés ?
Les préparations les plus fréquentes concernent trois domaines :
- Thérapie hormonale (28 % des préparations) : des crèmes ou gels de progestérone, d’œstrogènes, ou de testostérone avec des doses ajustées à la réponse individuelle
- Prise en charge de la douleur (22 %) : des crèmes topiques combinant plusieurs analgésiques, sans risque d’effets secondaires systémiques
- Dermatologie (18 %) : des lotions sans parfum, des pommades avec des concentrations précises de corticoïdes pour les peaux sensibles
On trouve aussi des préparations pour la perte de cheveux (finastéride en crème), des solutions buccales pour les patients en soins palliatifs, ou encore des mélanges pour traiter plusieurs symptômes à la fois, sans surcharge médicamenteuse.
Les limites de la préparation
Il ne faut pas croire que tout peut être composé. Les médicaments biologiques - comme les anticorps monoclonaux, les insulines ou les vaccins - ne peuvent pas être reproduits par une pharmacie de préparation. Leur fabrication exige des processus industriels complexes, impossibles à reproduire en laboratoire.
De plus, les médicaments composés ne bénéficient pas du même niveau de contrôle que les produits approuvés par l’ANSM ou la FDA. Ils ne sont pas testés sur des milliers de patients avant d’être mis sur le marché. Leur efficacité et leur sécurité reposent sur la compétence du pharmacien, la qualité des ingrédients, et les normes de l’unité de préparation.
C’est pourquoi il est crucial de choisir une pharmacie accréditée. En France, l’agrément est délivré par l’Ordre des pharmaciens, mais il n’existe pas encore de label national comparable au PCAB américain. Cependant, les pharmacies spécialisées se reconnaissent par leur expertise, leur équipement, et leur transparence sur les procédures de fabrication.
Coût et remboursement : ce qu’il faut savoir
Le prix d’un médicament composé est souvent plus élevé qu’un générique standard. En moyenne, il est 2 à 3 fois plus cher. Et malheureusement, la Sécurité sociale ne le rembourse pas systématiquement. Seuls certains cas sont pris en charge, comme les traitements hormonaux pour les patients atteints de carences spécifiques, ou les préparations pour enfants dans le cadre de protocoles hospitaliers.
Environ 45 % des patients doivent payer intégralement de leur poche. C’est un frein important. Mais pour beaucoup, le coût est justifié : une meilleure tolérance, une meilleure efficacité, et la possibilité de continuer un traitement vital.
Il existe des solutions pour réduire la charge financière : certaines mutuelles complémentaires prennent en charge partiellement les préparations. Il faut demander à son pharmacien de fournir une facture détaillée, avec les codes de produits, pour faire une demande de remboursement.
Comment trouver une pharmacie de préparation fiable ?
Vous ne trouverez pas ce service dans n’importe quelle pharmacie. Il faut chercher une pharmacie spécialisée. Voici comment procéder :
- Demander à votre médecin s’il connaît des pharmaciens compétents en préparation
- Contacter l’Ordre des pharmaciens de votre département - ils peuvent vous orienter vers les établissements accrédités
- Rechercher les pharmacies qui mentionnent explicitement « préparation sur mesure » ou « médicaments composés » sur leur site
- Évitez les pharmacies qui proposent des préparations sans ordonnance ou qui vendent des « produits miracles » - c’est un signe d’irrégularité
Une bonne pharmacie de préparation vous expliquera clairement ce qu’elle fabrique, pourquoi, et comment. Elle conservera vos dossiers, vous fournira un certificat de conformité, et vous informera des éventuels risques.
Les témoignages qui parlent
Une mère de famille de Toulouse a raconté comment son fils de 5 ans, allergique à presque tous les sirops, ne pouvait plus prendre de paracétamol. Après des mois de fièvre mal contrôlée, un pharmacien a préparé un sirop à base de paracétamol pur, sans colorant, sans sucre, avec une saveur de fraise. Le résultat ? Plus de crises de fièvre, plus de pleurs, plus de stress. L’enfant prend maintenant son traitement comme un bonbon.
Un homme de 72 ans, souffrant de douleurs chroniques, ne pouvait plus avaler les comprimés. Son pharmacien lui a confectionné une crème à base de diclofénac et de capsaïcine, à appliquer localement. Il n’a plus besoin de médicaments systémiques, et ses douleurs ont diminué de 60 %.
Ces histoires ne sont pas rares. Une enquête de l’International Academy of Compounding Pharmacists montre que 89 % des patients qui ont utilisé des médicaments composés les recommanderaient à un proche.
Et si le médicament réapparaissait ?
Une question revient souvent : « Et si le médicament standard revient sur le marché, dois-je arrêter la préparation ? »
La réponse est oui - mais pas forcément tout de suite. Si la version industrielle est identique à votre préparation (même dose, même excipients), alors il est logique de revenir au produit standard, plus abordable et mieux remboursé. Mais si la version commerciale contient un excipient que vous ne supportez pas, ou si elle n’est pas disponible en dose adaptée, vous pouvez continuer à utiliser la préparation. C’est votre médecin qui décide, en concertation avec votre pharmacien.
Le futur de la préparation médicamenteuse
Les ruptures de stock ne vont pas disparaître. Au contraire, elles s’aggravent avec la concentration de la production pharmaceutique dans quelques pays, les crises logistiques, et les exigences de qualité toujours plus strictes.
En parallèle, la médecine personnalisée progresse. Les tests génétiques permettent désormais de prédire comment un patient va réagir à un médicament. Les pharmacies de préparation sont les seules à pouvoir adapter les traitements à ces profils individuels. Dans cinq ans, on pourrait voir des préparations basées sur des analyses de sang, des profils métaboliques, ou même des données de télémédecine.
La préparation n’est pas une solution de secours. C’est une réponse intelligente à un système de santé qui, parfois, oublie les besoins réels des patients. Elle redonne au pharmacien son rôle de soignant, pas seulement de distributeur. Et elle permet à des milliers de personnes de vivre mieux, simplement parce qu’on a pris le temps de leur fabriquer un médicament qui leur convient vraiment.
Une pharmacie de préparation peut-elle remplacer n’importe quel médicament ?
Non. Elle ne peut pas fabriquer de médicaments biologiques comme les insulines, les anticorps ou les vaccins, car leur production exige des processus industriels complexes. Elle ne peut pas non plus remplacer un médicament approuvé et disponible si celui-ci convient au patient. Son rôle est de combler les lacunes où les produits industriels échouent - par allergies, doses inadaptées, ou ruptures de stock.
Est-ce que la Sécurité sociale rembourse les médicaments composés ?
Rarement. Seuls certains cas sont pris en charge, comme les traitements hormonaux pour les carences spécifiques ou les préparations pour enfants dans un cadre hospitalier. La plupart du temps, le patient paie en totalité. Certaines mutuelles complémentaires proposent une prise en charge partielle. Il faut demander une facture détaillée à votre pharmacien pour faire une demande de remboursement.
Combien de temps faut-il pour préparer un médicament sur mesure ?
Entre 24 et 72 heures. Les préparations simples, comme un sirop sans colorant, peuvent être prêtes en un jour. Les préparations stériles, comme des injections ou des perfusions, nécessitent des contrôles plus longs et peuvent prendre jusqu’à trois jours. C’est plus long qu’une ordonnance classique, mais c’est souvent la seule option disponible.
Comment savoir si ma pharmacie est fiable ?
Demandez si elle travaille selon les normes USP <795> ou <797>. Vérifiez qu’elle dispose d’un laboratoire dédié, avec équipements de purification et de contrôle. Une bonne pharmacie vous expliquera clairement la composition de votre médicament, vous fournira un certificat de conformité, et conservera vos dossiers. Évitez celles qui proposent des préparations sans ordonnance ou qui commercialisent des « produits miracles ».
Les médicaments composés sont-ils aussi sûrs que les médicaments industriels ?
Ils ne sont pas testés sur des milliers de patients comme les médicaments approuvés. Mais lorsqu’ils sont préparés dans des laboratoires certifiés, par des pharmaciens expérimentés, et selon des protocoles stricts, leur sécurité est excellente. Leur avantage principal est d’éviter les réactions allergiques ou les effets secondaires liés aux excipients. Pour les patients qui n’ont pas d’autre choix, ils sont souvent plus sûrs que de ne rien prendre du tout.
Corinne Foxley
décembre 5, 2025 AT 13:29Ce que j’adore avec les pharmacies de préparation, c’est qu’elles rendent la médecine humaine again. Pas de chaîne de montage, pas de colorants bidon, juste un pharmacien qui prend le temps de comprendre ton corps. J’ai eu un sirop sans sucre pour mon gamin allergique, et là, j’ai pleuré. Enfin, quelqu’un nous écoute.
Valérie Müller
décembre 7, 2025 AT 10:06Les vrais Français font leurs médicaments eux-mêmes pas comme ces cons qui tout achètent aux USA ou en Chine. On a des pharmaciens formés, des laboratoires, et on laisse faire les multinationales. C’est une honte. La souveraineté sanitaire, c’est pas un slogan, c’est une nécessité.
Lydie Van Heel
décembre 8, 2025 AT 11:12La pharmacie de préparation n’est pas une alternative marginale, elle est une réponse médicale légitime aux limites de l’industrie pharmaceutique. Son rôle est encadré par des normes strictes, et elle respecte le principe de la personnalisation thérapeutique. Ce n’est pas du bricolage, c’est de la science appliquée avec éthique.
Dominique Benoit
décembre 10, 2025 AT 02:39Je viens de demander à mon pharmacien de me faire une crème anti-douleur avec du CBD et du menthol 😍 Il m’a dit que c’était possible et qu’il allait me préparer ça en 48h. J’adore la France quand elle fait bien les choses 💪
Anabelle Ahteck
décembre 10, 2025 AT 10:38les pharmaciens qui font des trucs sur mesure cest cool mais comment on sait que cest pas du nimporte quoi genre si y a un truc qui foire et que le truc est pas bon ? personne controle vraiment ca non ?
Yves Merlet
décembre 11, 2025 AT 21:16Je suis pharmacien depuis 32 ans, et je peux vous dire que la préparation sur mesure sauve des vies. J’ai vu des patients qui ne pouvaient plus avaler un comprimé, et qui, après une crème transdermique, ont retrouvé une qualité de vie. Ce n’est pas un luxe, c’est une urgence médicale. Et oui, c’est plus cher, mais c’est souvent la seule issue. N’hésitez pas à demander à votre médecin d’orienter vers une pharmacie accréditée - c’est un vrai geste de soin.
Beat Steiner
décembre 13, 2025 AT 10:24Je viens de Suisse, et ici, on a un système similaire. Ce qui me frappe, c’est que les pharmaciens sont perçus comme des partenaires de santé, pas comme des vendeurs. C’est une culture. Peut-être que la France pourrait s’en inspirer - sans chercher à copier, mais à valoriser ce qui existe déjà.
Jonas Jatsch
décembre 13, 2025 AT 17:22Je trouve fascinant que cette solution, si ancienne, revienne au premier plan dans un monde où tout est standardisé. On a oublié que chaque corps est différent - qu’un enfant ne réagit pas comme un adulte, qu’une peau sensible ne supporte pas les mêmes excipients qu’une peau normale. La préparation médicamenteuse, c’est la réhabilitation du patient comme individu, pas comme un numéro dans un système. Et ça, c’est profondément humain. Je ne pense pas que les laboratoires puissent jamais remplacer ça, même avec l’IA. Parce que la médecine, à la base, c’est une relation, pas une chaîne de production.
Kate Orson
décembre 14, 2025 AT 08:00Et si c’était juste un piège des labos pour faire payer plus cher ? T’as vu combien de fois ils arrêtent un médicament pour qu’on passe à un autre plus cher ? Et maintenant ils veulent qu’on paye 300€ pour un sirop ? C’est une manipulation. Les vrais médicaments, c’est ceux qu’on achète en gros, pas des trucs faits dans un coin par un gars avec un bécher.
Nicole Gamberale
décembre 14, 2025 AT 10:59Oh mon dieu, encore un article qui fait de la pub pour les pharmaciens qui veulent se faire passer pour des sorciers. ‘Je lui ai fait un sirop sans colorant’ - et alors ? T’as pas vu que le paracétamol pur existe en générique ? Et que le sirop standard est remboursé à 65 % ? Non, bien sûr, mieux vaut payer 200€ pour un pot de ‘fraise’ que de prendre un truc normal. La médecine moderne, c’est la pitié pour les parents qui ont peur de leur enfant.
Alexis Butler
décembre 15, 2025 AT 20:37Vous oubliez que la préparation magistrale est un vestige du XIXe siècle. Les normes USP ? Elles sont américaines. Et ici, on n’a pas de contrôle centralisé, donc c’est le Wild West. Et puis, vous pensez vraiment qu’un pharmacien en province peut produire une injection stérile sans risque ? Non. C’est de la complaisance. La vraie solution, c’est de réindustrialiser la France, pas de faire des miracles dans un laboratoire de quartier.
Jean-Thibaut Spaniol
décembre 16, 2025 AT 06:52Je trouve pathétique que ce soit encore un sujet de débat. On parle de la santé des enfants, des personnes âgées, des allergiques - et vous discutez comme si c’était une question de marketing. C’est de la survie. Et si vous n’avez jamais eu un proche qui ne pouvait pas avaler un comprimé, alors vous n’avez rien à dire. Votre élitisme est dégoûtant.
Albertine Selvik
décembre 17, 2025 AT 06:16Mon père a eu une crème pour la douleur au genou, sans anti-inflammatoires systémiques. Ça a changé sa vie. Il marche encore. Point.
Clementine McCrowey
décembre 18, 2025 AT 20:42Si vous avez besoin d’un médicament sur mesure, ne perdez pas de temps. Parlez-en à votre médecin dès maintenant. C’est une option légale, efficace, et souvent moins risquée que de continuer avec un traitement qui vous rend malade. Vous méritez un traitement qui vous convient - pas un compromis.